Mauvaises conditions d’apprentissage dans les zones rurales de l’Est de la RDC
Appel à la mobilisation des partenaires internationaux pour un programme éducatif sécurisé et inclusif
- Contexte général et population affectée
Dans les zones rurales du Sud-Kivu, Nord-Kivu, Tanganyika et Maniema, l’accès à l’éducation est gravement compromis. Selon les dernières évaluations multisectorielles (MSNA 2025, UNICEF, OCHA), environ 420 000 enfants déplacés internes et retournés fréquentent des écoles dans des conditions extrêmement précaires.
Plus de 70 % des écoles rurales sont construites en bois et couvertes de paille, avec des toits et murs vulnérables aux intempéries.
Les élèves s’assoient souvent sur des pierres ou directement sur le sol, ce qui entrave l’apprentissage et la concentration.
Les enfants vivant avec handicap représentent 8 à 10 % des enfants en âge scolaire, mais moins de 20 % d’entre eux ont accès à des écoles adaptées.
Ces difficultés sont aggravées par les attaques, occupations et destructions d’écoles par des groupes armés, documentées par le mécanisme de suivi des violations (MRM 1612). Ces attaques privent les enfants d’infrastructures scolaires sécurisées et créent un climat de peur qui réduit l’assiduité. - Longs trajets et risques pour les enfants
Les élèves parcourent en moyenne 3 à 7 km par jour, et parfois jusqu’à 10 km, pour se rendre à l’école. Ces trajets exposent les enfants à :
violences physiques et verbales,
agressions et violences sexuelles,
risques liés aux groupes armés et aux terrains accidentés.
Les attaques contre les écoles (MRM 1612) amplifient ces dangers. Dans certaines localités, les écoles sont utilisées comme bases temporaires par les groupes armés, ce qui oblige les enfants à parcourir encore plus de distance pour trouver une école fonctionnelle, tout en restant exposés aux violences.
Les enfants vivant avec handicap rencontrent des difficultés majeures pour accéder aux écoles, aggravant leur exclusion. - Impact sur l’apprentissage et résultats scolaires
Les conditions d’enseignement inadaptées et les attaques sur les écoles entraînent :
Taux d’assiduité faible : jusqu’à 30 % des enfants ne fréquentent pas régulièrement l’école.
Décrochage scolaire : particulièrement élevé chez les filles et enfants vivant avec handicap, estimé à 20–25 % dans les zones rurales touchées par les déplacements et les attaques.
Résultats scolaires faibles : manque de matériel pédagogique, de mobilier scolaire et d’infrastructures sûres.
Les enfants exposés aux attaques ou parcourant de longues distances montrent une fatigue accrue et une faible concentration, affectant directement leur développement cognitif. - Violences et protection des enfants
Les attaques, occupations et destructions d’écoles aggravent la vulnérabilité des enfants :
15 à 20 % des enfants scolarisés ont été victimes de violences physiques ou psychologiques dans l’école ou sur le trajet.
Les violences sexuelles touchent environ 1 fille sur 5 dans certaines zones rurales.
Les enfants déplacés, retournés internes et vivant avec handicap sont particulièrement exposés à la stigmatisation, aux violences et au décrochage scolaire.
L’utilisation des écoles par des groupes armés transforme un lieu d’apprentissage en zone dangereuse, compromettant gravement la sécurité et le droit à l’éducation. - Insuffisance de la réponse éducative
Malgré l’aide humanitaire, les interventions restent limitées :
30 % seulement des écoles rurales disposent de bancs ou tables pour tous les élèves.
Les programmes de protection scolaire et inclusive couvrent moins de 25 % des enfants vulnérables identifiés.
Les infrastructures scolaires détruites ou occupées par les groupes armés ne sont pas réhabilitées de manière systématique, aggravant la précarité. - Objectifs du projet à financer
Le projet envisagé par EME-RDC vise à :
Améliorer les infrastructures scolaires : construction/réhabilitation d’écoles adaptées aux enfants vivant avec handicap et protégées contre les attaques.
Réduire les distances scolaires : création de points d’enseignement proches des villages et sites de déplacés.
Renforcer la protection des enfants : prévention des violences et sensibilisation des communautés sur les risques liés aux attaques et occupations.
Promouvoir l’éducation inclusive : accompagnement des enfants vivant avec handicap et programmes psychosociaux.
Engager la communauté : impliquer parents et leaders locaux dans la protection des écoles et le suivi des enfants. - Justification du plaidoyer
Garantir un accès sûr et inclusif à l’éducation est un impératif de droits humains. La combinaison d’infrastructures précaires, de longues distances, de violences et d’attaques sur les écoles empêche les enfants d’apprendre et compromet leur sécurité. Les interventions internationales doivent combler ces lacunes et protéger les enfants contre toutes les formes de violences et d’exclusion. - Appel au financement et mobilisation des partenaires
EME-RDC sollicite l’appui des bailleurs institutionnels, ONG internationales et fondations privées pour financer un programme éducatif intégré et sécurisé, capable de :
restaurer et sécuriser les infrastructures scolaires,
protéger les enfants contre les violences et attaques,
réduire l’exclusion des enfants vivant avec handicap,
favoriser l’assiduité et la qualité de l’apprentissage,
renforcer la résilience et la participation communautaire.



Conclusion
Les attaques et destructions d’écoles par les groupes armés, combinées aux mauvaises conditions d’apprentissage et aux longues distances, constituent une menace majeure pour le droit à l’éducation des enfants dans l’Est de la RDC. Une intervention urgente et coordonnée est nécessaire pour garantir un accès sécurisé, inclusif et durable à l’éducation.




